Histoire d'accompagnement

Le manager paradoxal

Un dirigeant me demandait l’accompagnement d’un de ses directeurs qu’il jugeait peu sur de lui, peu à même d’exercer efficacement son métier. Nous fîmes un contrat tripartite et je rencontrais une personne au physique inspirant force, consistance et stabilité. L’expression ne trahissait en rien ce que son physique affichait. Dès la première séance émergèrent les symptômes d’une personnalité partagée, dichotomique.

Nous travaillâmes sur son histoire professionnelle, ses valeurs et sur la vision de son métier. Il apparu alors que deux personnes coexistaient dans sa vie professionnelle. Elle ne les mélangeait pas. L’une était ancrée dans des convictions religieuses fortes et l’autre publique, comme si elles agissaient dans deux mondes antagoniques.

Un travail posturologique de plusieurs séances lui a permis de réconcilier les deux postures, comprendre qu’elles n’étaient en rien antinomiques mais plutôt complémentaires, et de s’autoriser à investir ses valeurs de conviction pour la qualité d’activité de son métier de managers. Ce directeur venait de construire sa troisième voie. Son dirigeant constatant un changement d’efficience assez radical, lui confia la direction d’une grosse unité de production.

L’étudiante en gestion du spectacle vivant

Une étudiante en licence de gestion du spectacle vivant vient me confier ses doutes et ses craintes dans la conduite de son projet professionnel artistique. elle avait du mal à se situer dans l’exercice du spectacle vivant, s’ennuyant dans les fonctions qui lui étaient habituellement confiées en stage. Nous fîmes son étude posturologique et l’évaluation de ses attentes et compétences. La solution apparue alors très clairement sans qu’elle-même, a priori, accepta de la voir : elle était bien dans son milieu, celui du spectacle vivant, mais s’était trompée de coté de la rampe. Quand elle le réalisa, elle prit la décision de réorienter sa carrière, s’inscrivit dans une école de comédie musicale et devint comédienne, chanteuse et danseuse, puis chorégraphe, enseignante et fit la mise en scène de ses spectacles, et même en écrivit et les monta.

Un changement de politique managériale

Consulté par son dirigeant sur l’analyse d’événement sociaux d’une grande organisation, ce fut l’occasion de revisiter les points faibles d’une politique managériale par défaut. Ce fut l’occasion d’analyser les postures d’acteurs des différents décideurs de l’organisation, d’en tracer les profils et les stratégies personnelles d’intérêt, indiquant les risques et les opportunités. Le décideur me confiait alors de tracer les incontournables d’un changement managérial, d’en impulser les principes en interne ainsi que la conduite d’un audit social connexe.

Les événements qui suivirent donnèrent raison à mes aperçus. Dans un contexte de changements d’acteurs importants, nombre des propositions furent alors reprises et incarnées par différents acteurs de l’entreprise qui les menèrent jusqu’à leurs termes. Un changement progressif continue à ce jour.

L’équipe et son drame

Un service déconcentré venait de connaitre un événement radical. L’un des membres avait décidé d’arrêter de vivre. Tout donnait à penser que ce collaborateur avait mis en cause sa hiérarchie. Le DRH me consulta. Il compris l’utilité de traiter la dynamique humaine avant l’organisationnel. Il comprit alors l’utilité d’un accompagnement personnalisé par des psychologues cliniciens, et aussi l’utilité de comprendre avec les acteurs ce qu’ils avaient vécu, de déconstruire et reconstruire une histoire commune de l’événement, reconstruire ainsi du lien social. Il su mettre en place un plan d’action approprié.

Une année après je fut rappelé pour une séance de team building que nous bâtîmes avec le directeur. Nous fîmes un contrat d’engagement et le jour J, l’équipe se présentait comme une « cocote minute sous pression ». Le travail de reconstruction commune de leur histoire de l’événement n’avait pas eu lieu. J’abandonnais mon programme et nous commençâmes le travail nécessaire d’accompagnement d’équipe, fait de paroles et de rituels. Quelques séances « posturologiques » furent nécessaires pour déconstruire les tensions, nouer de nouvelle relations et bâtir un nouveau projet d’équipe. Le DRH m’avoua par la suite que la démarche lui avait fait peur bien qu’il la comprenait indispensable.

Le DRH humaniste

Un décideur me confia sous contrat tripartite l’accompagnement cognitif de son futur DRH. Ce n’était pas une personne du métier, mais sa volonté et sa posture humaine représentait une certaine opportunité. Quelques séances suffirent pour mettre en cohérences les valeurs acquises dans d’autres activités professionnelles, mettre en correspondance les savoir-être et savoir-faire développés dans d’autres métiers et construire un profil professionnel à investir tout à fait efficient. Il m’a été rapporté par la suite qu’il s’est avéré être un excellent DRH.